La référence à Malthus devient incontournable

Le nataliste Alfred Sauvy a fait son temps, celui de la France des Trente Glorieuses ; on voulait atteindre 100 millions de personnes sans se soucier de la durabilité des ressources. Aujourd’hui, alors qu’on vient de dépasser 8 milliards d’êtres humains sur une planète dévastée par le croissancisme, la référence à Malthus devient incontournable.

Malthus expliquait dès 1798, dans son Essai sur le principe de population, que l’évolution démographique dépassait tendanciellement la disponibilité en ressources naturelles, à son époque la production alimentaire. Il était donc un précurseur de l’écologie qui préconisait la décroissance nécessaire dans un monde fini. Malthus est de retour, à notre époque qui a dépassé toutes les imites et commence à s’en mordre les doigts. Mais dans les archives du MONDE, il faut remonter à 2017 pour avoir une analyse (biaisée) du malthusianisme. Ce sera la seule jusqu’en 2022 !

Anne Chemin : « Lorsque Thomas Malthus publie en 1798, à Londres, son Essai sur le principe de population en tant qu’il influe sur le progrès futur de la société avec des remarques sur les théories de M. Godwin, de M. Condorcet et d’autres auteurs, il a à peine plus de 20 ans. Imitant les philosophes du XVIIIe siècle que son père admire, le jeune homme ouvre son essai par deux « postulats » : « Premièrement, la nourriture est nécessaire à l’existence de l’homme. Deuxièmement, la passion réciproque entre les sexes est une nécessité et demeurera à peu près ce qu’elle est à présent. »

« Thomas Malthus, qui étudie la relation entre la croissance de la production agricole et celle de la population, affirme que si l’humanité avait de la « nourriture à profusion et de la place en abondance », elle remplirait « des millions de mondes en quelques milliers d’années ». La finitude de la nature et la sagesse des hommes imposent cependant des freins à cette croissance démographique : un frein « destructif » ­­­­ – s’ils deviennent trop nombreux, les hommes se condamnent à mourir ou à vivre dans la misère – et un frein « préventif » – les plus éclairés pratiquent l’abstinence, ne faisant d’enfants que s’ils peuvent les nourrir. Les sombres prophéties de Malthus ont été démenties : la croissance et le développement des XIXe et XXe siècles ont montré que la fécondité et la productivité agricole n’étaient pas des données immuables et constantes. Ses mises en garde ont cependant longtemps hanté les débats sur la démographie et la croissance.

« Les analyses de cet économiste, qui était aussi un pasteur de l’Eglise anglicane britannique, ont donné naissance à un courant, le malthusianisme, qui prône un strict contrôle des naissances. Cette politique peut se faire de manière démocratique, par la diffusion de la contraception ou de l’avortement, mais aussi de manière autoritaire : la législation de la Bavière interdisait ainsi, au XIXe siècle, le mariage à ceux qui ne disposaient pas d’une fortune minimale, et la Chine a imposé, en 1972, un âge minimum au mariage avant de mettre en place la politique de l’enfant unique. Plus largement, le malthusianisme a souvent caractérisé une forme de pessimisme et de conservatisme obsédée par la question de la rareté. Le démographe et économiste Alfred Sauvy (1898-1990) qualifiait ainsi de « malthusiennes » les politiques qui cherchent à freiner la croissance démographique, mais aussi le développement économique. Lors de la publication du rapport du Club de Rome sur les « limites de la croissance », en 1972, il avait critiqué les convictions « malthusiennes » des partisans de la ­ « croissance zéro » : il estimait que la pression de la nécessité conduit les hommes à découvrir des solutions nouvelles. »

Des références récentes à MALTHUS

tribune de Démographie Responsable (2022/11/09)

L’enjeu des ressources alimentaires se trouvait déjà au centre des travaux de Thomas R. Malthus, qui soulignait, en 1798, l’incapacité de la production de nourriture à augmenter à proportion de la population, et plaidait donc pour une limitation de la croissance de cette dernière. Cependant, l’explosion démographique mondiale (multipliée par 8 depuis Malthus) n’avait pas produit la paupérisation massive pronostiquée ; l’accroissement de la productivité agricole, qui explique ce décalage, atteint aujourd’hui ses limites. De fait, la question de l’adéquation des ressources aux besoins en ce début de XXIe siècle est loin d’avoir disparu. Elle se polarise aujourd’hui principalement sur les besoins énergétiques, dont la satisfaction commande celle des besoins en biens et services.

Article du MONDE (2022/11/10)

La question de la surpopulation humaine se pose depuis le XIXe siècle. L’économiste britannique Thomas Malthus, notamment, avait mis en garde, dès 1798, avec son Essai sur le principe de population, contre l’inadéquation entre une croissance exponentielle de la population et une croissance linéaire des ressources. Les préoccupations concernaient alors principalement l’épuisement des ressources naturelles, puis, dans les années 1970, la pollution. Aujourd’hui, c’est principalement en émissions de gaz à effet de serre que se mesure l’impact de la population mondiale sur son environnement.

Pour en savoir plus,

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable

https://www.edilivre.com/alerte-surpopulation-michel-sourrouille.html/

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A défaut tu commandes à la FNAC qui référence ainsi le livre :

https://livre.fnac.com/a17437174/Michel-Sourrouille-Alerte-surpopulation

Pour en savoir encore plus grâce au blog biosphere

Essai sur le principe de population (Malthus, 1798)

Tout savoir sur le terme malthusien

Définition de l’expression « néo-malthusien »

les textes de Malthus

20 août 2020, MALTHUS, considérations de Serge Latouche (1/13)

21 août 2020, pour mieux connaître le démographe MALTHUS (2/13)

22 août 2020, 1798, MALTHUS contre les optimistes crédules (3/13)

23 août 2020, MALTHUS, le prophète du sens des limites (4/13)

24 août 2020, MALTHUS, pour une maîtrise de la fécondité (5/13)

25 août 2020, MALTHUS, aider les pauvres n’est pas aider ! (6/13)

26 août 2020, Libérons MALTHUS de la critique marxiste (7/13)

27 août 2020, MALTHUS, décroissant nié par les décroissants (8/13)

28 août 2020, MALTHUS, un scientifique éclairé en 1798 (9/13)

29 août 2020, MALTHUS, un religieux en dehors du dogme (10/13)

30 août 2020, MALTHUS réfute avec rigueur les critiques (11/13)

31 août 2020, Actualisation de la question malthusienne (12/13)

1er septembre 2020, Biosphere-Info, les textes de MALTHUS (13/13)

textes complémentaires

Les Nations Unies deviennent malthusiennes

Pourquoi la France déteste-t-elle Malthus ? (analyse d’Emmanuel Todd)

Malthusien ou nataliste, faut choisir

Jean-Marc JANCOVICI devient malthusien

Jean-Marc Jancovici, coming out malthusien

Pablo Servigne, malthusien collapsologue

Alain HERVÉ, un malthusien historique

Corinne Maier, féministe et malthusienne

Yves Cochet, un politique malthusien

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3 réflexions sur “La référence à Malthus devient incontournable”

  1. Cette théorie n’est pas de moi, mais d’un certain Nicolas Bonnal, qui s’appuie notamment sur un “texte étonnant de l’économiste hérétique Chris Hamilton“ (rien à voir avec le cycliste), et je la trouve très intéressante.

    – « Rien de neuf depuis Marx et Malthus, dira-t-on.
    Le coût de la vie devient fou en occident et il est bien sûr nié par les instituts de statistiques. On sait évidemment pourquoi. Car la folie haussière voulue par les banquiers centraux et leurs séides a un effet collatéral – une conséquence objective bien visible : le dépeuplement. Il est trop cher de faire des enfants, de les élever, de les mettre au monde au sens noble du terme. »

    ( Du retour de Malthus et du devoir de dépeuplement – Par Nicolas Bonnal – Juin 2019
    Lisisible sur lesakerfrancophone.fr )

  2. – « Malthus est de retour, à notre époque qui a dépassé toutes les imites et commence à s’en mordre les doigts. Mais dans les archives du MONDE, il faut remonter à 2017 pour commencer à avoir une analyse (biaisée) du malthusianisme. » (Biosphère)

    Et s’il n’y avait que Malthus, qui est de retour… Misère misère ! En attendant, l’adjectif entre parenthèses me fait bien rigoler. Le MONDE analyserait donc les choses en biais.
    De travers quoi. On dira alors qu’il n’est pas le seul. Que sur ce blog nous avons d’ailleurs de grands spécialistes. Et même le Champion de la lecture et de l’analyse en biais.
    Plus sérieusement, quoique, Le MONDE n’aurait donc pas bien compris Malthus et le malthusianisme, d’où cette analyse biaisée. En biais quoi. Et après tout pourquoi pas !?
    Mais heureusement Biosphère est là, pour redresser tout ça. (à suivre)

    1. Biosphère est là, et Michel Sourrouille avec, pour nous traduire… comme il se doit… l’évangile de Saint-Thomas. Non non pas celui-là, l’autre.
      Bref, pour nous expliquer Malthus, comme il se doit !
      Et là je pense à ces Témoins de Jéhovah qui veulent m’expliquer la Bible. Comme d’autres de nous traduire les prophéties de Nostradamus. Mort de rire !!!

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