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Fragments de vie, fragment de Terre (suite)

Cette autobiographie de Michel SOURROUILLE, « Fragments de vie, fragment de Terre (Mémoires d’un écolo) », sera éditée chaque jour par épisode tout au cours des mois de juillet et août sur ce blog biosphere.

Une pensée en formation,

avec des hauts et des bas

Quelques idées générales : Il ne suffit pas de se délivrer de l’empreinte religieuse pour que tout devienne possible. Bien d’autres déterminants pèsent sur nos choix et notre comportement, la famille, les copains, l’école, les livres, les médias, etc. Notre liberté intellectuelle résulte d’un apprentissage toujours recommencé, entre acceptation d’un ordre social établi et recherche de la meilleure voie possible. Cet apprentissage demande un effort sans lequel rien n’est possible.

Racontez-moi votre enfance, je vous dirai qui vous êtes.

Je suis né en 1947. La société de l’après-guerre était patriarcale. Mon père était le chef de famille. La loi à l’époque disait la même chose. Ma mère obéissait. J’obéissais. Mon petit frère obéissait. La majorité n’était qu’à 21 ans à l’époque. Donc je ne me posais pas de question sur ce que je croyais ou non, je prenais l’existence comme elle venait. On me disait d’apprendre mes leçons, j’apprenais mes leçons, on me disait de faire la prière du soir, je faisais ma prière du soir, on me disait de m’habiller comme ceci ou comme cela et je m’habillais comme ceci ou comme cela. La vie n’était qu’habitude, en ce temps-là on ne décidait pas, on suivait le sens du courant, la visite régulière aux grands-parents, les repas de famille, quelques camps scouts avec salut au drapeau et la messe en latin bien entendu. Je crois que ma première réflexion a seulement eu lieu vers quinze ans, après qu’un chef scout m’ait demandé quelles questions je me posais. « Aucune, chef ! » C’est vrai, je ne me posais aucune question, j’avais déjà toutes les réponses. Ce n’était pas normal. J’ai commencé vraiment à réfléchir ce jour-là. Depuis, ma vie apparemment sans histoire m’a apporté bien des questions et fabriqué bien des révoltes.

J’étais bien habillé. Veston, petit gilet, pantalon bien coupé. Mon père était tailleur. A 16 ans mon père m’a autorisé à choisir un tissu, mon premier choix personnel. « Jaune voyant » ai-je répondu. J’ai obtenu du vert moutarde. Mon père savait aussi négocier, et je commençais à déterminer mes propres choix. Bientôt je n’ai plus rien porté… ni veston ni petit gilet ni pantalon bien coupé. Mais pour le reste je faisais glouglou, je faisais miammiam, je ne défilais même pas criant « paix au Vietnam ». Ma famille ne m’a pas du tout préparé au militantisme politique. De la guerre d’Algérie, je n’ai retenu que les klaxons scandant dans un embouteillage bordelais « Algérie fran-çaise, Algérie fran-çaise… » Ce n’est qu’à 21 ans que j’ai connu ma crise d’adolescence, tardive, mais mieux vaut tard que jamais. Une crise d’adolescence, c’est le moment où nous pouvons (peut-être) accéder à l’autonomie contre les faux-semblants qu’on a voulu nous imposer.

J’ai commencé à tenir régulièrement un petit carnet de notules en juin 1969 qui m’a servi de guide pour ma pensée balbutiante. Je finissais ma deuxième année de fac de sciences économiques, un bourrage de crâne universitaire qui prolonge le formatage par la famille. J’ai commencé une cure de désintoxication. Dans mes notules, je parlais de la main invisible d’Adam Smith comme d’un scandale, la justification théorique d’un inégalitarisme éhonté. Je recopiais la Déclaration des droits de l’homme, j’enchaînais aussitôt sur le profit qui devrait être attribué à la collectivité et non à « des entrepreneurs privés qui risquent fort d’en faire uniquement un usage personnel ». J’estimais déjà que le salaire n’est pas fixé automatiquement et rationnellement. Il n’est que le fruit des préjugés de la société et non la nécessité inéluctable qu’en font les théoriciens par l’intermédiaire des mots magiques du marché : l’offre et la demande. Je pensais que les humains viennent d’abord… ensuite seulement le commerce, la production et la finance.

J’ai un accident terrible en solex début août 1969. Je monte sur le capot d’une bagnole qui arrivait en sens inverse, je suis projeté dans les airs, visage ensanglanté, blanc des yeux devenu entièrement rouge, traumatisme crânien, plusieurs heures de coma… Certains ont pensé dans ma famille, et ils n’ont peut-être pas tort, que cela a servi d’électrochoc. Mon cerveau a été très très secoué, et il se serait replacé dans une autre configuration. On m’a dit que dans un état d’inconscience total, je suis allé pisser derrière les rideaux de ma chambre d’hôpital, arguant que c’était mon droit le plus absolu… Quelques jours seulement après ma sortie de l’hôpital, j’écrivais : « La fac, quelle ineptie, quel tas de crétins, quel non-sens. A quoi bon former des chefs d’entreprises quand l’héritage est notre loi, pourquoi des juristes si ce n’est pour soutenir l’ordre établi, pourquoi enseigner le consensualisme des contrats quand tout contrat ne peut être que léonin. Il faut supprimer l’inutile dans l’enseignement, il faut supprimer la concurrence qui admet la loi du plus fort, il faut une éducation technique commune, une langue universelle… » Mon cerveau fonctionnait maintenant à merveille. Je continuais à lire les Sciences et Vie auquel était abonné mon père, le dictionnaire des citations (l’âge d’or était l’âge où l’or ne régnait pas), toutes sortes de lectures qui me sortaient de l’univers universitaire.

Pendant ma convalescence, j’ai eu le temps d’écrire, de faire le point. Je conteste dans mes notules les profs de fac que j’ai eus pendant l’année, l’institution du mariage, le fric qui fait avancer les soldats : « On dépense le fric insolemment, on gaspille l’argent des pauvres et les pauvres s’émerveillent. Si je possède une usine, des capitaux, ce n’est pas à moi seul que je le dois mais à tous les ouvriers qui y ont participé, aux consommateurs qui achètent mes produits, à la collectivité tout entière. L’argent réparti inéquitablement est un vol … » Je condamne tabous et préjugés, l’infaillibilité du pape et la place de la fourchette. Je prône déjà les transports collectifs en ville et l’usage des deux roues pour éviter embouteillages et gaspillage de matières premières. Je m’interroge : « Pourquoi produire des voitures Renault quand cela met la SNCF est en déficit ? » J’estime que l’action individuelle et la cohérence collective sont indissolublement liés. Je pense me mettre à poil sur n’importe quelle plage pour mettre en pratique ma liberté alors que les naturistes sont parqués dans des camps. Je me vois demander à un prof qui veut qu’on se lève à son entrée si la politesse se situe au niveau du cul. Je me vois déjà faire le tout fou dans un camp militaire.

Début septembre 1969, je constate avec Arthur Koestler (le Yogi et le commissaire) que notre conscience semble se rétrécir en raison directe du développement de nos communications. Je ressens que tous les « ismes » perdent leur sens et que le monde ressemble à une allée plantée de points d’interrogation. Je découvre que la technique rend l’espèce humaine capable de dominer les forces de la nature, la rendant plus consciente de sa puissance que de sa dépendance. J’observe que nous nous conduisons comme les caricatures anachroniques de la personne que nous pourrions être. Résultat ? Je ne sais plus où j’en suis, quelle vérité, quelle raison de vivre me donner… Qu’est-ce qui est contingent et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Je juge ma mémoire encombrée d’une quantité démesurée de connaissances inutiles pour les 9/10ème et falsifiée pour le reste. Tout me semble faux, mesquin et inutile, la fac et les discussions, les filles ou la société. Mais je cherche, je cherche, sans guide spirituel ni boussole.

Je lis beaucoup, par exemple la 25ème heure de Virgil Gheorgiu, un livre sur les camps de concentration. Sans connaître encore les analyses d’Ellul, elles sont là, présentes : « L’homme est obligé de s’adapter à la machine… Il devient une minorité brimée par la technique. Les esclaves techniques tiennent en main les points cardinaux de l’organisation sociale. Ils agissent selon des lois spécifiques, automatisme, uniformité, anonymat… Il y aura des arrestations automatiques, des condamnations, des distractions automatiques. » Je me renseigne sur la révolte des étudiants allemands, Rudi Dutschke. J’en conclus que la violence ne peut aboutir.

Nous sommes en octobre 1969. Je fais un stage chez un expert comptable, je fais des exercices de retenue sur salaire pour les cotisations sociale, je planche sur le traitement mécanographique de la comptabilité. Je cultive mes propres références : « L’argent ne fait pas de petit (le taux d’intérêt ne correspond à rien) », « C’est posséder le bien d’autrui que de posséder le superflu (Saint Augustin). » Je vis une réelle contradiction entre mes aspirations et la réalité. J’ai un moment de blues. Je ne cherche plus à me passionner pour l’athéisme ou pour la politique, pour la faim du monde ou le dernier match de foot. J’écris comme notule : « Aucune passion, aucune aspiration.

Ma vie n’est même pas triste, elle est pleine d’indifférence. Agir, à quoi bon ? On se retrouve sans réponses, ou impuissant devant l’inertie d’autrui et l’hébétude du monde. Le mieux est d’occuper mes heures, m’appliquer à ne plus sentir ma vie s’écouler (s’écrouler), jouer à s’aimer et faire semblant de jouer, pour arriver sans doute un jour à ce regard de petit vieux penché sur ces petits riens, qui ne regrette rien, qui n’a même plus le désir de vivre mais seulement celui de survivre. » Je me réfugie dans les études et mon entraînement journalier au piano. (la suite demain)

Si tu ne veux pas attendre demain, à toi de choisir ton chapitre :

Mémoires d’un écolo, Michel SOURROUILLE

00. Fragments préalables

01. Un préalable à l’action, se libérer de la religion

02. Une pensée en formation, avec des hauts et des bas

03. En faculté de sciences économiques et sociales, bof !

04. Premiers contacts avec l’écologie

05. Je deviens objecteur de conscience

06. Educateur, un rite de passage obligé

07. Insoumis… puis militaire !

08. Je deviens professeur de sciences économiques et sociales

09. Du féminisme à l’antispécisme

10. Avoir ou ne pas avoir des enfants

11. Le trou ludique dans mon emploi du temps, les échecs

12. Ma tentative d’écologiser la politique

13. L’écologie passe aussi par l’électronique

14. Mon engagement associatif au service de la nature

15. Mon engagement au service d’une communauté de résilience

16. Ma pratique de la simplicité volontaire

17. Objecteur de croissance, le militantisme des temps modernes

18. Techniques douces contre techniques dures

19. Je deviens journaliste pour la nature et l’écologie

20. Une UTOPIE pour 2050

21. Ma philosophie : l’écologie profonde

22. Fragments de mort, fragment de vie

23. Sous le signe de mon père

Fragments de vie, fragment de Terre (à suivre)

Cette autobiographie de Michel SOURROUILLE, « Fragments de vie, fragment de Terre (Mémoires d’un écolo) », sera éditée chaque jour par épisode sur ce blog biosphere tout au cours des mois de juillet et août. Ce livre est dédiée à toutes les formes de vie, obsédée par une idée, nous pouvons faire un monde meilleur. Une parution papier aurait correspondu au choix de Michel, mais les maisons d’édition n’éditent que ceux dont on a déjà entendu parler. Mieux vaut donc cette  version électronique qui peut au moins circuler gratuitement et être lue par qui le veut. Profitons-en avant les grandes pannes d’électricité qui ne vont pas manquer de traverser le monde de demain.

fragments préalables

Je suis un enfant d’après-guerre, je suis animal parmi les animaux, androgyne, athée écolo, cosmopolite et localiste, philosophe et militant, politique et associatif, fragments de vie et fragment de Terre. Je suis, je serai. Assemblage temporaire de molécules qui se dissoudront en atomes. Conscience partielle et fugitive de la vie de l’univers.

Racontez-moi vos ancêtres, je vous dirai qui vous êtes. Je suis né en 1947, et même bien avant. Certains croient faire de gros progrès en reconstituant leur généalogie familiale grâce à quelques archives usées : attitude purement anthropocentrique qui balbutie sur un siècle ou deux. Ce n’est pas là un exercice très captivant, mieux vaut le long souvenir de notre histoire commune. Remonte dans le temps, bien avant l’automobile, le téléphone et l’électricité… tu arriveras il y a 400 générations, quand tes ancêtres commençaient à cultiver la terre et à se croire séparés de l’univers. En remontant encore, il y a 10 000 générations environ, tu trouveras ton premier ancêtre homo sapiens. Mais ton origine est encore antérieure ; il y a 100 000 générations, ceux par qui tu es arrivé étaient des hominidés. Si tu continues à remonter la chaîne du vivant qui mène jusqu’à toi, tu arrives aux unicellulaires, à la formation de la Terre, à la naissance de l’univers. Cet exercice mental bien documenté par la science te permet alors d’agir selon ton âge véritable de quinze milliards d’années. Avec une conscience ainsi élargie, tu pourras prendre part au changement de cap vers une société qui soutient la vie, qui respecte tous les êtres vivants. Au contraire, valoriser la conscience subjective d’une existence rattachée seulement à tes derniers ancêtres t’empêche de percevoir que toutes les autres espèces vivantes forme ta parentèle, que la biodiversité est aussi une composante de ta famille. Les humains appartiennent à l’ordre de la vie. Nous ne sommes que fragment de Terre, lié à son destin.

J’ai été heureux de naître et de ressentir, je ne suis pas malheureux de ma mort prochaine qui offrira mon corps au recyclage de la matière. L’essentiel n’est pas là. Je suis un passeur. Je ne fais que transmettre les connaissances que j’ai acquises. Je suis ou j’ai été moniteur de colonies de vacances et instructeur CEMEA1, éducateur puis professeur de SES2, animateur pour jeu d’échecs et formateur d’animateurs, arbitre national FFE3 et formateur d’arbitres, animateur du pôle écologique du PS et formateur EELV4, très actif sur Internet pour diffuser mes analyses, journaliste-écrivain pour la Nature et l’écologie, toujours prêt à aller plus loin en discutant avec mes proches et mon prochain. Chacun de nous apprend aux autres, consciemment ou inconsciemment, de façon maladroite ou pertinente. Car chacun de nos actes ou presque est jugé par d’autres, servant de modèle ou de repoussoir.

Les fragments de mon enfance expliquent ce que je suis devenu. J’ai de la chance. J’ai bientôt 65 ans et je n’ai jamais connu de guerre, de famine, de crise économique aiguë. La France où j’habite est la cinquième puissance mondiale. Mon niveau de vie, qui doit correspondre à la moyenne nationale, a atteint le plus haut sommet qu’il pouvait atteindre dans l’histoire humaine depuis son origine. Dans mon cocon familial, j’ai toujours été heureux. Ma mère était au foyer, nous avons toujours eu une atmosphère de sérénité. Mon père n’avait qu’un idéal, fonder une famille heureuse. Il a réussi. Mon idéal à moi ? Fonder une société heureuse. C’est pourquoi je suis un passeur.

Mais la société française en particulier, et la biosphère en général, sont au bord de l’abîme. Notre abondance matérielle, notre mobilité exacerbée, notre espérance de vie qui s’allonge, tout cela découle de l’énergie facile, de l’énergie fossile. L’effondrement est inéluctable, nous avons dépassé la capacité de charge de la planète. La croissance dans un monde fini est impossible, tous les indicateurs sont au rouge, écologiques (perte de biodiversité, stress hydrique, stérilisation des sols, épuisement des ressources non renouvelables, non recyclage des ressources renouvelables, réchauffement climatique…), économiques (crise de surendettement des ménages et des Etats, chômage de masse, inflation qui va reprendre…) ou sociaux (militarisation de la société, exacerbation des individualismes, éclatement des structures institutionnelles, dérapages de la société du spectacle, radicalisations identitaires…). D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaires, énergétiques, climatiques et démographiques va entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Face à la catastrophe annoncée, les humains vont réagir à leur manière, selon deux modalités contradictoires. Pour une part, les violences se multiplieront, qu’elles s’exercent entre les humains ou pour piller les dernières ressources accessibles. Nous ferons aussi appel à la raison, à la coopération, au sentiment d’interdépendance. Nous ne pouvons pas déterminer à l’avance ce qui l’emportera entre la face sombre de l’individu ou l’intelligence des situations. Je fais mon possible pour éviter le pire.

Personnellement, mon idéal de former une société heureuse ne disparaît pas avec la montée des difficultés, au contraire. Toute mon existence a été vouée à (in)former après m’être (in)formé, et peu importe de ne pas obtenir immédiatement un résultat probant. Aucun individu ne peut seul changer la société, c’est notre comportement commun qui fait le sens de l’évolution. Il me suffit d’avoir fait ce que j’estimais devoir faire, la part du colibri5.

J’arrive à la fin de ma vie, la retraite professionnelle ne m’empêche pas d’agir. Je passe plus d’heures au service de l’espèce humaine et de notre biosphère que si je travaillais à plein temps. Ce livre est l’aboutissement de mes pensées, de ma vocation d’éduquer. Je veux essayer de montrer que nous sommes déterminés par notre milieu social, mais que nous pouvons choisir notre propre chemin. Il n’y a de liberté véritable que dans la mesure où nous savons mesurer les contraintes. Je suis arrivé peu après mai 1968 aux années de mon éclosion, de ma renaissance. Elevé dans une société autoritaire, imbibée de religiosité et d’économisme, il me fallait penser autrement. Dans mon carnet de notules que je tenais depuis 1969, j’attribuais à Tchekhov cette phrase que je fais mienne : « Tout homme a en lui-même un esclave qu’il tente de libérer. » Je me suis libéré. Pour mieux réfléchir… Pour aider à améliorer le monde… J’ai soutenu et propagé tout ce qui à mon avis allait dans ce sens, la non-violence, l’objection de conscience, le féminisme, le naturisme, le biocentrisme, le sens de l’écologie, le sens des limites de la planète, l’objection de croissance, le malthusianisme, la simplicité volontaire…

Voici donc un compte-rendu des fragments de mon existence au service des générations futures et des non-humains. En espérant que cela pourra vous aider à cheminer de votre côté…

Michel Sourrouille, février 2012

Si tu ne veux pas attendre la suite sur ce blog biosphere, à toi de choisir ton chapitre :

Mémoires d’un écolo, Michel SOURROUILLE

00. Fragments préalables

01. Un préalable à l’action, se libérer de la religion

02. Une pensée en formation, avec des hauts et des bas

03. En faculté de sciences économiques et sociales, bof !

04. Premiers contacts avec l’écologie

05. Je deviens objecteur de conscience

06. Educateur, un rite de passage obligé

07. Insoumis… puis militaire !

08. Je deviens professeur de sciences économiques et sociales

09. Du féminisme à l’antispécisme

10. Avoir ou ne pas avoir des enfants

11. Le trou ludique dans mon emploi du temps, les échecs

12. Ma tentative d’écologiser la politique

13. L’écologie passe aussi par l’électronique

14. Mon engagement associatif au service de la nature

15. Mon engagement au service d’une communauté de résilience

16. Ma pratique de la simplicité volontaire

17. Objecteur de croissance, le militantisme des temps modernes

18. Techniques douces contre techniques dures

19. Je deviens journaliste pour la nature et l’écologie

20. Une UTOPIE pour 2050

21. Ma philosophie : l’écologie profonde

22. Fragments de mort, fragment de vie

23. Sous le signe de mon père

1 CEMEA, Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active

2 SES, sciences économiques et sociales

3 FFE, Fédération Française des Echecs

4 EELV, Europe Ecologie – Les Verts

5 Dans La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir, Pierre Rabhi rappelle l’enseignement de la légende amérindienne du colibri : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »

Michel Sourrouille, gestionnaire de ce blog

Pour mieux me connaître

Qui suis-je ? Il y a bien des nombres pour me caractériser, mon numéro d’inscription à la sécurité sociale, des chiffres pour téléphoner, un numéro sur ma porte d’entrée, un indicatif postal, une plaque minéralogique, un code bancaire, des chiffres, encore des chiffres. Et moi je ne suis qu’une simple unité parmi des milliards d’habitants qui réduisent d’autant mon espace vital, celui des autres espèces et la beauté de la nature qui m’entoure. Une fraction infime, sur les 8 milliards que nous sommes depuis novembre 2022, soit 1/0,00000000025. Désespérant d’être un minuscule rouage d’une énorme machinerie numérisée qui écrase tout sur son passage.

Désespérant ? C’est aussi une motivation pour réagir ! Dans mon carnet de notules que je tenais depuis 1969, j’attribuais à Tchekhov cette phrase que j’ai fait mienne : « Tout homme a en lui-même un esclave qu’il tente de libérer. »

Voici quelques moments où le blog biosphere parle directement de ma petite personne :

Le malthusien M. Sourrouille chez les Verts (01.2023)

extraits : L’« emmerdeur », c’est Michel Sourrouille, la soixantaine en 2014, chauve et barbu en short et t-shirt, directeur d’un essai collectif au titre explicite. « Moins nombreux, plus heureux », écolo depuis 1974 et son premier vote pour René Dumont. Avec ses faux airs de Philippulus le prophète, Sourrouille, malthusien depuis 1969 et la lecture de La bombe P  de Paul R. Ehrlich, il se réfère constamment à son maître Thomas Malthus, célèbre pasteur anglican qui a prophétisé notre sombre avenir dans l’Essai sur le principe de population (1798), dont la thèse explosive tient en deux courbes. Ancien prof de lycée Sourrouille l’expose simplement : la population mondiale progressant beaucoup plus vite que la production alimentaire, on ne pourra bientôt plus nourrir tout le monde…

Michel Sourrouille, malthusien par nécessité (11.2022)

extraits : Pour fêter mes 75 ans aujourd’hui 4 novembre 2022, voici quelques éléments qui peuvent vous permettre de mieux cerner ma conception personnelle sur la question démographique. L’année de ma naissance, la population mondiale était de 2,325 milliards, les statistiques pour 2047 prévoient 9,275 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 en un siècle. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et faire vivre décemment 7 milliards de personnes de plus entre 1947 et 2047 ? Comment préserver la vie sauvage et les forêts primaires ? Impossible. C’est pour cela que je n’ai eu qu’un seul enfant biologiquement parlant, que j’ai propagé la pensée malthusienne au niveau politique et médiatique… et que je me suis engagé au sein de l’association Démographie Responsable. Une action individuelle n’est presque rien si elle ne s’accompagne pas d’un engagement collectif…

Sourrouille Michel, « On ne naît pas écolo, on le devient » (08.22)

extraits : Ma bibliothèque est déjà plus que pleine de ces livres sur l’effondrement en cours de notre civilisation thermo-industrielle sans qu’on sache quoi que ce soit de l’engagement personnel de l’auteur. J’ai essayé de mettre de la chair autour des idées. Cela me semblait plus porteur qu’un énième livre sur la crise écologique. C’est pourquoi dans chaque partie de ce livre je raconte ma propre expérience pour essayer d’en tirer des enseignements profitables à tous. Je voudrais te convaincre que tu es toi aussi un écologiste qui sommeille, qui s’éveille, qui peut agir. On ne naît pas écolo, on le devient. J’ai essayé de montrer que nous sommes à la fois déterminés par notre milieu social et libre de choisir notre destinée. Il n’y a de liberté véritable que dans la mesure où nous savons mesurer les contraintes qui pèsent sur nous.

Michel Sourrouille, « Moins nombreux, plus heureux » (05.2022)

extraits : La mondialisation est devenue inséparable d’une très forte mobilité des populations, qu’elle soit professionnelle, touristique ou forcée, pour des raisons économiques, politiques ou environnementales. Dans le même temps, sur une planète saturée d’hommes, de femmes et d’enfants, le chômage devient structurel dans tous les pays, les difficultés socio-politiques s’accroissent ; les frontières se ferment progressivement aux mouvements migratoires. L’ère de La planète migratoire3 touche à sa fin. Les lois contre les étrangers se durcissent un peu partout, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, aucun espace géographique n’est à l’abri de la construction d’un mur à ses frontières. Des conflits d’espace vital et de ressources découleront encore plus, dans les décennies à venir, la non-acceptation des migrants. La limitation des migrations ne touchera pas seulement les migrants économiques, mais aussi le tourisme de masse. Le plus difficile sera le statut à donner aux éco-réfugiés, nombre qui sera fortement accru par les effets du réchauffement climatique. Cela posera demain un problème peut-être insoluble à l’idée de solidarité humaine. Telle que fonctionne la société actuelle, nous n’anticipons pas politiquement les problèmes, nous les subissons. Là est le vrai scandale…

Enseigner, point de vue de Michel Sourrouille (03.2022)

extraits : Selon le cardinal de Richelieu, apprendre à lire, écrire et compter « remplit le pays de chicaneurs propres à ruiner les familles et troubler l’ordre public, plutôt qu’à procurer aucun bien ». Les jeunes ont pourtant appris à lire, écrire ou compter, mais ce fut pour se mettre au service de la révolution industrielle. Avant la révolution des mœurs de mai 1968, les entreprises n’avaient pas besoin de jeunes entraînés à comprendre, donc à contester. Il suffisait d’avoir de bons scribes et de bons comptables… Les sciences économiques et sociales, matière scolaire qui permet la compréhension du fonctionnement de notre société, devient un nouvel enseignement presque au moment même où débute ma carrière professionnelle, en 1974. Je choisis d’enseigner les SES avec plaisir…

Michel SOURROUILLE : Arrêtons de faire des gosses (10.2020)

extraits : Autant le livre d’Eve Libera, « Arrêtez de faire des gosses », relève d’une conception très égoïste, « un môme c’est encombrant », autant le livre de Michel Sourrouille publié en 2019, « Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte » démontre qu’il faut devenir malthusien car il en va de notre salut collectif. Déjà coordinateur en 2014 du livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie)», l’auteur fait à la fois une synthèse des oppositions au malthusianisme et de la montée en puissance de l’idée de surpopulation. Un monde trop peuplé d’humains devient une réalité incontournable à l’heure de l’épuisement des ressources et de la chute de la biodiversité…

analyses marquantes en juin 2023

Liste de tous nos articles publiés en juin 2023 sur ce blog biosphere…

Bonne lecture !

le changement d’imaginaire

Mansholt 1972, un malthusien convaincu

Rupture écologique par l’égalitarisme

la question militante

Violence, contre-violence et dissolution

Dissolution SLT en conseil des ministres

L’échec avéré de la non-violence

Détruire les biens nuisibles à la planète

Malm et la destruction de biens nuisibles

Th. Kaczynski, adepte de la contre-violence

Tout savoir sur Ted Kaczynski, un précurseur

La question climatique

Climat, la difficulté de se faire comprendre

climatocrétinisme, la triste loi de Brandolini

+4°C en perspective, le commencement de la fin

Bientôt une Terre inhabitable pour nous tous (GIEC)

+ 4°C, rupture civilisationnelle en vue

CLIMAT. S’adapter, c’est déjà trop tard !

Un réfugié climatique, ça n’existe pas

la question de la sobriété

Plus on est nombreux, plus on se déplace

Macron, un technolâtre de l’aviation

Décroissance suppression des vols en avion

Inutilité de la conquête des sommets

la question écolonomique

Tout savoir sur les mécanismes inflationnistes

Bientôt un diplôme de « savoirs verts » !

la question de la surpopulation

Surpopulation généralisée dans tous les pays (synthèse)

Kenya, fardeau de la dette et surpopulation

Ouganda, une surpopulation structurelle

Sri Lanka, surpopulation et agro-industrie

TCHAD, une surpopulation en voie d’explosion

la question démographique

Blocage palliatif sur la fin de vie

une Démographie Responsable sur wikipedia

L’immigration, une obligation pour certains

Le modèle danois en matière de non-immigration

la question techno-scientifique

Darwin mis à l’index en Inde

Poulet de synthèse, innovation inutile

la question politique

Des chefs d’État bien d’accord pour le déni (de la crise écologique)

La France commet des crimes anti-écolos

La faillite en cours des relations Nord Sud

Dette monétaire et dette écologique, BOUM

L’héritage de Silvio Berlusconi, désastreux

Rassemblement national, écologisme superficiel

la question sociétale

Parents, l’écologie se bricole comme on peut

Le wokisme engloutit nos références

Woke ou pas, y’a rien à comprendre !

Un avenir incertain pour la Sécurité sociale

Prostitution, un cas de discrimination

Mouvement trans-sexuel, grotesque et vain

Notre biosphère… malmenée en mai 2023

A chacun d’ouvrir selon ses besoins une ou plusieurs des problématiques traitées sur ce blog biosphere au mois de mai 2023

56 liens classés par thème

le changement d’imaginaire

Le message actualisé du rapport Meadows (1972)

Mansholt 1972…2023, cinquante ans de perdus

La crise écologique absente de l’enseignement

La science économique sommée de se réinventer

La Société francophone d’économie écologique

Le verdissement du développement durable

la question militante

Montrer sa colère pour éviter l’écoanxiété

Urgence écologique de la contre-violence

Action (non-)violente pour la décroissance !?

Écologie, la tentation du sabotage

Camille Etienne pour un soulèvement écologique

« Cinéma uni pour la transition », du vent

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Dernières limites en librairie, sans Malthus  !

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Désinfluenceur, pour dire déconsommation ?

La Décroissance dans les colonnes du MONDE

à lire absolument, « Mondes en décroissance »

Portraits croisés de Décroissants

la question de la surpopulation

Le Bénin, en état de surpopulation avancée

Burkina Faso, une surpopulation à 23 millions

Ghana, le cauchemar de la surpopulation

Italie, une surpopulation en voie d’extinction

Pakistan, tous les maux de la surpopulation

La famine, qui la cherche la trouve

la question des ressources

Est-ce le début de la fin de l’âge fossile ?

GAZ, le « point de vue des écologistes »

la question écologique

Le long-termisme écologique contre la myopie

En couple, l’écologie se bricole à deux

Eco-anxiété, les jeunes à la peine (de mort)

Les rites funéraires deviennent écolos

Hugo Clément, une voix écolo qui compte ?

Hugo Clément ne mange pas de lapins

la question démographique

Etienne-Emile Baulieu et la pilule RU 486

IVG, la démocratie impose des contraintes

IVV, le Portugal dépénalise l’euthanasie

Le Planning familial devient « genré » !!!

la question socio-économique

Quota de 4 vols par avion dans toute une vie

Aide alimentaire, aide à l’agro-industrie !!!

Le don de nourriture, point trop n’en faut

la question techno-scientifique

Arrêtons le numérique, retour au papier

Cassons tous les écrans pour notre bien

F1, société du spectacle à Miami et CO2

la question politique

Un politique se doit d’incarner ce dont il est porteur

La France doit agir comme un colibri

Planification impérative écolo, notre destin

help, bientôt le grand krach de l’endettement

la question philosophique

Pacifisme, mot inapplicable aux humains

Le « point de vue des écologistes » sur ce blog

Les humains préfèrent bêtement les méduses

De l’inutilité absolue de l’espèce humaine

Quoicoubeh ! De l’inutilité du langage humain

Merci de votre attention,

et faites connaître notre blog biosphere

Le « point de vue des écologistes » sur ce blog

Il y a plusieurs façons de regarder un fait quel qu’il soit. Tout dépend de son point de vue. Tout dépend donc de sa socialisation primaire, de ses propres lectures et de ses différentes rencontres, de son milieu professionnel, du courage ou non d’exprimer ses idées, de ses engagement associatifs et/ou politiques, de ses lunettes plus ou moins « théoriques » acquises le plus souvent sans s’en rendre compte. Donner des points d’appui pour mieux critiquer notre société croissanciste, gaspilleuse, anthropocentrée et mercantile, c’est l’objectif de notre blog biosphere : aller au delà du sens commun et des apparences pour comprendre et agir.

Nous exprimons quotidiennement le point de vue des écologistes, un point de vue multiforme, complexe, souvent contradictoire. Il suffit de rappeler l’opposition qui existe entre entre idéalistes et pragmatiques, entre écologie superficielle et écologie profonde, entre végétaliens et flexivores, entre écoterrorisme et non-violence… Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion.

Que signifie « penser vrai » ? Relativiser ! (juin 2021)

Le contenu de ce blog, 7070 articles à ce jour, est au service du peuple écolo en formation, il peut être amélioré par la participation de chacun. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par ton commentaire d’un article. Tu peux aussi t’abonner à notre mensuel, un récapitulatif de chaque mois passé. Un consensus peut toujours être trouvé, mais à certaines conditions :

  • ne pas être prisonnier de sa fonction sociale (son métier, ses responsabilités familiales ou politiques…)
  • rechercher la maîtrise de ses affects, de ses sentiments personnels, de ses préjugés et a priori
  • acquérir la capacité de se remettre en cause, ce qui nécessite une prise de distance avec soi-même
  • avoir une écoute de l’autre, être ouvert à une argumentation différente de la sienne
  • prendre le temps de la réflexion
  • adopter une démarche scientifique : c’est vrai, mais uniquement tant qu’on ne m’a pas démontré le contraire
  • posséder des connaissances de base en matière de philosophie, de sciences économiques, de sociologie, d’histoire…
  • chercher à approfondir ses connaissances par le choix de ses lecture et des médias consultés.

Nous essayons de correspondre à cette grille d’analyse dans nos écrits. Mais la société du spectacle nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses.

Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent aussi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons la plupart du temps nous satisfaire d’un absolu dans un espace restreint, avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement aux autres animaux cependant, nous pouvons percevoir que notre vision humaine n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité. Dans chacun de nos cortex réside de multiples certitudes qui ne sont que les apparences de notre réalité immédiate et nos désaccords résultent trop souvent d’une perception trop simpliste de la réalité. Mais nous pouvons tous ensemble essayer de déchiffrer ces apparences pour changer la réalité ; grâce à des lunettes conceptuelles plus performantes, peut-être pourrions-nous percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir (s’améliorer)…

Nous avons tous besoin de chausser des lunettes car la réalité ne peut se comprendre au fond qu’en utilisant un système symbolique. Il ne suffit pas de voir pour croire, les réalités fondamentales nous sont la plupart du temps caché par notre point de vue préalable. La première fois qu’on a chaussé des lunettes théoriques pour aller au delà d’une vision superficielle de notre système stellaire date de 1543. Copernic provoque alors une révolution en exposant les fondements d’un système héliocentrique où le soleil – et non plus la terre – est au centre de notre univers. L’astronome ébranle ainsi l’interprétation des Écritures sacralisées et son œuvre, bien que de pure supposition à l’époque, fut mise à l’index. Mais la contestation des apparences poursuivit son chemin pour aller au-delà de cet interdit ecclésiastique. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour admirer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le traditionnel anthropocentrisme. Un tribunal de l’Inquisition l’obligea pourtant à se rétracter en 1633.

Cet exemple historique montre que sur la voie de la vérité, il faut souvent aller contre le consensus ambiant et même savoir résister… parfois au péril de son gagne-pain ou parfois de sa vie.

En définitive que signifie « penser vrai » dans la société thermo-industrielle d’aujourd’hui ? Sans aucun doute, dans une socio-politique engagée à tout allure dans une impasse évolutive, aller au-delà des apparences et tout reprendre souvent dans l’autre sens.

De notre point de vue, il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait poser les termes de façon suivante : Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), fécondité raisonnée (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), liste à compléter bien entendu….

Un livre de référence parmi bien d’autres,

« On ne naît pas écolo, on le devient »

Notre biosphère malmenée en avril 2023

Voici les liens vers l’ensemble des thèmes traités le mois d’avril 2023

La question militante (après Sainte-Soline)

Nous sommes la Terre qui se soulève

« Nous sommes les Soulèvements de la terre »

Urgence écologique, le rôle de la violence

Andreas Malm, le Karl Marx de l’écologie

Noël Mamère prend partie pour la castagne

Pour résister à l’agression publicitaire

Le point judiciaire sur la désobéissance écolo

La question climatique

Allons plus loin que « La Fresque du climat »

Bonne nouvelle, l’essence va augmenter !

Quota de carbone par personne, l’inéluctable

La charte Climat & Environnement du « MONDE »

La question démographique

Néo-malthusianisme contre écofascisme

La pensée d’avant-garde du « no kid »

Normal de ne pas vouloir d’enfant

Stérilisation, tout savoir sur la vasectomie

Malthusien, ni droite, ni gauche, ni extrême

Les anti-malthusiens ont encore frappé

Earth4all, une autre tromperie démographique

8 milliards, une poignée de patrons en trop

Convention sur la fin de vie, le manifeste

« Démographie Responsable » en actes

La question de la surpopulation

La difficile gestion de l’immigration

Surpopulation au Soudan, donc guerres civiles

Tout savoir sur la famine et même plus

L’Inde au bord du chaos démographique

L’Inde, puissance démogr. aux pieds d’argile

Madagascar, en route vers l’enfer

Une Démographie Responsable en Charente

La question de la décroissance

Meadows, Mondes en décroissance

Meadows, rien n’a changé depuis 1972, la cata

Les journées mondiales pour changer le monde ?

Vincent Cheynet, la décroissance démographique

Tout savoir sur Vincent Cheynet, l’écotartuffe

La question politique

Démocratie grâce à des conventions citoyennes

Français, vous devez 3 000 milliards d’euros

Endettement exorbitant => faillite de l’État

L’écologie, impensé du Rassemblement National

Projet de l’écologiste Marine Le Pen

« Darmanin au service du vieux monde »

Pays-Bas, encore un pays écolo-sceptique

La question socio-écologique

Télescopages de l’information quotidienne

GPT, intelligence artificielle et/ou collective

Vincent Bolloré, le diable déguisé en CNews

La conversion écologique en question

Eva Illouz, les émotions contre la démocratie

La vie sauvage n’a plus sa place en France

De la difficulté de manger des œufs écolo

Tout savoir sur tout ce qui est important

La question technologique

Tout savoir sur chatGPT et ses limites

Encore une méga-chose qui s’éclate ! (SpaceX)

A chacun de consulter les problématiques de son choix…

Merci de votre attention,

et faites connaître notre blog…

NB : au 7 avril 2023, notre blog biosphere comptait

7000 articles (depuis 2005)

Pour nous écrire, biosphere@ouvaton.org

Tout savoir sur tout ce qui est important

Sur notre blog biosphere, ces tentatives de synthèse

L’écologie du vivant

Tout savoir sur les COP « biodiversité » (juin 2022)

Tout savoir sur une agriculture durable (janvier 2021)

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur l’Écologie profonde (juin 2017)

Tout savoir sur l’écologie et les spiritualités (décembre 2019)

Tout savoir sur le coronavirus (mars 2020)

Une question démographique complexe

Tout savoir sur la question démographique (octobre 2021)

Tout savoir sur le terme malthusien (août 2021)

Tout savoir sur les anti-malthusiens (août 2021)

Tout savoir sur la surpopulation humaine (août 2021)

Tout savoir sur l’avortement, l’IVG (janvier 2021)

Tout savoir sur la sobriété démographique (janvier 2023)

L’énergie, facteur de croissance démesurée

Tout savoir sur le Code minier (février 2021)

Tout savoir sur la Convention Citoyenne pour le climat (février 2021)

tout savoir sur le pic pétrolier (décembre 2010)

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire (avril 2019)

Tout savoir sur les anti-éoliens… et même plus (mai 2018)

Tout savoir sur la voiture électrique (octobre 2021)

2003-2022, tout savoir sur la taxe carbone (mars 2022)

Une technologie à la dérive

Tout savoir sur la perversité des pro-OGM (juillet 2020)

Tout savoir sur la conquête spatiale (février 2021)

La question politique en question

Tout savoir sur la société spectacle et bien plus (décembre 2019)

Tout savoir sur la publicité qui nous dévore (septembre 2020)

Tout savoir sur la dissonance cognitive (janvier 2020)

Tout savoir sur la liberté d’expression (juillet 2021)

Tout savoir sur la désobéissance civile (février 2021)

Tout savoir sur l’aide au développement (février 2021)

Quelques personnages de notoriété publique

Tout savoir sur le président François HOLLANDE (mai 2012)

Tout savoir sur Jean-Marc Jancovici (mars 2022)

Tout savoir sur Jean-Luc Mélenchon (mai 2022)

Tout savoir sur… Sandrine Rousseau (octobre 2022)

L’avenir à la décroissance

Tout savoir sur la décroissance démographique (octobre 2021)

Tout savoir sur l’apocalypse (mars 2022)

Tout savoir sur Extinction Rebellion (octobre 2019)

Tout savoir sur la « Sobriété » obligée (mars 2022)

notre biosphère en mars 2023

la question de l’eau

Crise de l’eau douce selon les Nations unies

Guerres de l’eau en perspective

FNE, le combat des mégabassines

Actus de FNE, eau rage, eau désespoir

démographie et disponibilités de l’eau

Bassines, un combat à mort

Sainte-Soline, halte à la violence d’État

Darmanin, c’est pas bien de dissoudre SLT (soulèvements de la Terre)

La question climatique

Claude Lorius, la nique aux climato-sceptiques

Le GIEC, un organisme (in)contestable ?

groupe III du GIEC chargé des « solutions » !

Sencébé et les différents rapports du GIEC

Lutter contre le carbone ou contre l’atome ?

La question énergétique

Sables bitumineux entre richesse et catastrophe

Voiture électrique, une fausse bonne idée

Le vélo c’est bien, la voiture c’est trop mal

La question technologique

« solutionnisme technologique », l’impasse

L’intelligence artificielle, LA solution ?

La science contre l’intelligence artificielle

Kirkpatrick Sale, un luddite contemporain

Crispations autour du Crispr.Cas9

Bébé-Crispr, modifions le génome d’embryon !?

Seuls ensemble, numérisation de l’existence

La question démographique

Le grand retour du débat sur le natalisme

Des bébés à n’importe quel prix

Développement et contrainte démographique

éducation à la sexualité… devenir malthusien

Un planning familial irresponsable

Vulgate complotiste contre les malthusiens

Greenpeace, association anti-malthusienne

Greenpeace, une association malthusienne

Le Wyoming interdit la pilule abortive

La question de la surpopulation

Pologne, de la difficulté d’avorter…

En Égypte, la surpopulation fait la loi

Surpopulation en France comme au Japon

Surpopulation en Somalie, faut pas le dire

Surpopulation en Corée du nord

Réguler l’immigration, est-ce du racisme ?

Baisse de l’aide publique au développement

La question de la fin de vie

Euthanasie, savoir contempler la mort en face

Fin de vie, vive l’anorexie finale

Oregon, paradis de la fin de vie

Moi, malade de Parkinson, demande à mourir

Serment d’Hippocrate et fin de vie digne

la question sociale

Le rationnement est-il liberticide ?

La nature d’une mère face au lait maternisé

Pétromasculinité, vraiment n’importe quoi !

Requiem pour les générations futures (sois jeune et tais-toi)

responsabilité présente et générations futures (Dieter Birnbacher)

la question anthropocentrique

Claude Lévi-Strauss avait la dent dure (contre l’humanisme)

L’existence de dieu ? On s’en contrefout !

Noyer les chatons, œuvre de salut public

Tu ne tueras point… les requins

« Tu ne tueras point »… Justifiez votre point de vue

Conflit des générations, une idée farfelue

Anthropologue spécialiste des sociétés océaniennes, Margaret Mead distinguait trois types de culture. La culture « postfigurative », dominante dans les sociétés traditionnelles, au sein de laquelle les enfants sont instruits par leurs parents (le passé des adultes est l’avenir de la génération  suivante) ; la culture « cofigurative » de la société de croissance dans laquelle les enfants et les parents suivent les modèles culturels véhiculés par l’école, l’armée, et l’entreprise ; et, enfin, la culture actuelle dite « préfigurative » où il y a inversion de la transmission . Ce sont les enfants qui apprennent à leurs parents comment aborder les rivages du nouveau monde, dans lequel se déploient des technologies, des pratiques et des mœurs inédites (Le Fossé des générations, 1971).

Est-ce donc le terreau d’un conflit des générations ?

Lire, éthique de la réciprocité… intergénérationnelle

Nicolas Truong : Des jeunes super-diplômés en quête de sens annoncent qu’ils ne perdront pas leur vie à la gagner. Des adolescents affichent leur « fluidité » de genre devant des adultes qui ont l’impression de voir leur monde se liquéfier. Des activistes aspergent de soupe à la tomate Les Tournesols de Van Gogh afin d’alerter sur l’urgence écologique. ll flotte dans l’air du temps comme un nouveau conflit de générations. En effet, aucune génération n’a jamais connu des changements aussi rapides , un monde unifié par les technologies de l’information ou globalisé par la fin des empires – sans oublier une révolution scientifique qui multiplie les productions, qui est aussi en train de modifier d’une manière terriblement dangereuse et radicale l’écologie de la planète.

Mais qu’y a-t-il de commun entre le quotidien, la perception du présent et l’inscription dans l’avenir d’un enfant d’une périphérie paupérisée et celles d’un adolescent d’un centre-ville huppé ?  La jeunesse n’est qu’un mot traversé par tous les maux de notre société. Alors que la radio et la télévision s’écoutaient encore en famille jusque dans les années 1990, l’entre-soi culturel des jeunes, la culture par groupes de pairs et non de pères-mères sont bien plus puissants et créent de l’ignorance intergénérationnelle .

Commentaires

Vivelevexinlibre : Plus j’avance en âge et plus le découpage de la population en strates ( ici l’âge) me semble aussi biaisé que le serait de prendre celles de la couleur de peau ou de la taille.

Kentel : Dans les études sociologiques, la variable de classe supplante toujours toutes les autres (âge, sexe, ethnie etc), Bourdieu avait raison, il est donc illusoire de chercher à délimiter les aspirations d’une classe d’âge. Celle décrite ici qui parle de fluidité de genre et d’intersectionnalité vient visiblement des milieux urbains et privilégiés que fréquente Nicolas Truong. C’est donc SA classe sociale qui est déterminante.

Jean Kaweskars : Les jeunes sont moins sensibles au changement climatique que leurs aînés. Cf le sondage Ipsos de nov. 2021 : 47% des jeunes pensent que la réalité du réchauffement climatique n’a pas été démontrée scientifiquement ; 55% pensent que l’énergie nucléaire contribue autant au réchauffement climatique que le gaz ou le charbon ; 46% déclarent ne pas bien connaître la signification de l’expression « gaz à effet de serre » ; 55% déclarent ne pas bien connaître la signification de l’expression « empreinte écologique ».

Narrabeen : La vraie différence générationnelle, la seule, c’est l’individualisme extrême: « j’ai le droit, je veux être qui je veux, avec un voile c’est mon droit, transgenre je l’exige, etc.

C moi : J’ai fait un rêve,une jeunesse sacrifiée prenait les armes pour incendier les raffineries , raser les usines d’embouteillages de bouteille plastique, clouer au sol les avions pour Bali… Que les jeunes descendent dans la rue on pourra les compter, pour l’instant j’en vois en Iran mais pas en France.

PP2 : Les « boomers » sont la génération qui est née juste après la guerre cad entre 1946 et 1955/60, dite du « baby-boom », parce que nous étions très nombreux. Nous étions à 40 par classe, on avait recruté n’importe qui comme enseignants, dont des vieillards égrotants, on jouait dans les ruines de la guerre. Ceux qui avaient la chance d’avoir un logement vivaient comme au Moyen Âge ou presque, avec une seule pièce chauffée dans la maison, pas de sdb, les toilettes au fond du jardin. 80% de la population était pauvre et vivait en autarcie : légumes du jardin, poules et lapins. Nos parents avaient vécu World War 2, nos grands-parents WW1, on attendait WW3… On a été les premiers à prendre conscience des problèmes écologiques et à militer pour y remédier…

Le point de vue de Michel Sourrouille

J’écrivais le 6 janvier 1971 : « Les adultes doivent savoir qu’ils ne se sentiront plus tout à fait chez eux dans un monde qui sera de plus en plus soumis aux valeurs et aux opinions de la jeunesse. » Personnellement je n’ai pas changé. Âgé de 75 ans, je militais dans les années 70 avec José Bové dans un groupe de soutien aux objecteurs de conscience. En janvier 1971 dans Partisans, un dossier Libération des femmes, année zéro : j’étais devenu féministe. J’étudiais en 1972 le rapport du MIT sur les limites de la croissance : j’étais devenu objecteur de croissance. Je votais pour l’écologiste René Dumont à la présidentielles 1974, j’avais enfin trouvé politiquement ma voie, l’écologie. Et aujourd’hui encore j’écris des livres sur l’écologie, j’adhère à Génération écologie et je milite avec l’association Démographie Responsable. D’après mon expérience, il n’y a pas de changement générationnelle au niveau de l’engagement, seulement des prises de conscience différentes accompagnées par la passivité du plus grand nombre, qu’ils soient jeunes ou vieux.

La grosse différence entre les années 1970 et 2022, c’est que nous sommes maintenant 8 milliards, que le chômage est structurel en France depuis le premier choc pétrolier (1974) et que la planète est malade de l’homme. Depuis 75 ans, nous avons augmenté notre nombre de 76 millions chaque année en moyenne, c’est invivable et ingérable même si on s’habitue à s’entasser dans des HLM de banlieue et à faire la queue dans une automobile qui pourrait aller à 180 km/h. Les jeunes naissent sur une planète pillée et dévastée dont il ne leur restera que quelques miettes à se partager entre les mieux « armés ». Né en 1947, j’ai bénéficié des Trente Glorieuses et je suis épouvanté de voir manifester contre une réforme des retraites alors que les jeunes savent déjà que pour eux il n’y aura sans doute pas de pension de retraite. Je suis épouvanté de voir que dans un monde qui se fragmente, la principale préoccupation de trop d’adolescent(e)s est de savoir de quel genre on est. Perte généralisée des repères, c’est cela la vérité de la génération actuelle !

Lire mon autobiographie, mémoire d’un écolo

juin 2022, le point de vue des écologistes

Liste des liens vers les différentes thématiques traitées sur ce blog en juin 2022.

question écologique

Écologie radicale ou écologie réformiste ?

Écologie, le ministère de l’impossible

Tout savoir sur les COP « biodiversité »

CLIMAT, les pieds dans l’eau, le corps en feu

Géo-ingénierie, le cauchemar en route

Transition énergétique, un oxymore de plus

Dire « Transition énergétique », un non sens

Valérie Cabanes, l’écocide est un crime

question démographique

« Moins nombreux, plus heureux », le livre

Malthus et la fausse révolution « verte »

Croissance démographique, cancer de la Terre

Moins d’enfants, planète préservée ?

Faut-il encore faire des enfants ?

Mal de mères, le mal du siècle

Le droit à l’avortement remis en cause (aux USA)

Ne pas confondre Euthanasie et État nazi

MEADOWS et la décroissance démographique

question agricole

Insouciance criminelle quant à la famine

Famine Et pauvreté au programme mondial

Arrêtons l’aide alimentaire structurelle

Histoire d’eau, un futur très inquiétant

Le XXIe siècle sera paysan… ou ne sera pas !

question politique

Tout savoir pour les législatives de juin 2022

Au-delà des élections, des perspectives

Le parti écolo tout puissant… en 2047

Que veut dire « délibération » en démocratie

Représentativité démocratique par panel !

Ne faisons pas confiance à nos députés

Julien Bayou, un écotartuffe enfin député

Macron en marche vers l’écologie superficielle

Eurosatory, Macron va-t-en guerre

Le coût écologique exorbitant des guerres

question économique

La Sobriété face à la SURconsommation ?

La Sobriété, liberticide et punitive ???

La Démobilité face à la SUR-mobilité

question sociétale

L’humanité, un psychopathe destructeur

Notre striatum ne dit rien de nos besoins

Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P.)

La Belgique décriminalise la prostitution

Le dégoût de l’humanité peut se comprendre

Mai 2022, le point de vue des écologistes

Liste des liens vers les différentes thématiques traitées sur le blog biosphere

Pour échanger , écrire à biosphere@ouvaton.org

– militantisme écolo

Les activistes écolos se radicalisent

Transgressons une légalité écocidaire !

« OUI pub » sur nos boîtes aux lettres ?

Des « décrocheurs » condamnés en cassation

flight tracking, dénonciation et non délation

– la question écologique

Planification écologique, notre synthèse

« Jour du dépassement » à la française

Des éléphants ou des hommes, qui choisir ?

Planification écologique, précisions

– la question démographique/agricole

Dégradation des terres, famine en vue

La COP15 et l’inexorable désertification

Madagascar, un état de surpopulation

Côte d’Ivoire, surpopulation et manque d’eau

Corne de l’Afrique minée par la surpopulation

Inde : « government jobs » et surpopulation

Jean-Marc Jancovici, coming out malthusien

– la question politique

Jadot présidentiable ? Autopsie d’un échec

Nous avons TROIS ministres de l’écologie !!!

Élisabeth Borne, pragmatisme et petits pas

Démocratie et autocratie, systèmes défaillants

– la question sociétale

Hubris contemporaine, ivresse de la Démesure

La vie à n’importe quel prix n’est pas vivre (l’IVG)

Nudité ou burkini en piscine, notre liberté

@ Nicolas Hulot on dit : casse-toi pauv’ con

« Père Vert », c’est ainsi qu’on parle aujourd’hui de Nicolas Hulot. Dans une enquête d’« Envoyé spécial » diffusée en novembre 2021 sur France 2, six femmes l’accusaient de violences sexuelles. Trois femmes témoignent de baisers par surprise et d’une tentative de fellation. Claire Nouvian racontait avoir été mise en garde en 2008 afin qu’elle évite de se retrouver seule avec lui. Pauline Lavaud prétendait avoir été écartée de la campagne de Nicolas Hulot pour la primaire interne du parti en 2011 parce qu’elle « l’excitait trop » Après ce procès médiatique, Hulot avait affirmé : « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit ». Le 24 mai 2022, il est entendu en audition libre par les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs à Paris. Normal, les investigations menées par la BPM doivent« déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l’action publique est acquise ». Constatons qu’on peut promouvoir des accusations devant des millions de téléspectateurs sur un dossier où l’accusé n’avait pas encore été entendu par la justice. Fini la présomption d’innocence.

Que des écologistes comme Claire Nouvian ou Pauline Lavaud attaquent publiquement une personnalité reconnue de l’écologie politique pose problème. Nous n’en dirons pas plus, à la justice officielle de faire son œuvre. Passons à l’essentiel. « Khmer vert », « Ayatollah de l’écologie », « Pastèque visqueuse », « Père vert »…  les insultes pleuvent sur les écologistes, mais c’est dans l’air du temps. La violence verbale n’est pas plus fréquente qu’avant, mais elle a évolué. Les mots d’esprit se sont raréfiés au profit de dérapages plus épidermiques, amplifiés par les réseaux sociaux. Chers lecteurs, faites en sorte sur ce blog biosphere qu’il en soit autrement.

Magali Cartigny : En 2001, Chirac, apostrophé par un malotru qui le traitait de « connard », avait répondu tout sourire : « Enchanté ! moi c’est Chirac… » Loin des joutes verbales, le dérapage a pris aujourd’hui le pas sur le mot d’esprit. L’insulte, cet « ultime stratagème » selon Schopenhauer, vise à réduire l’adversaire à néant. Avec la libéralisation des mœurs, c’est l’expression individuelle qui devient la norme : je parle comme je veux, donc je t’insulte si je veux. Le vocabulaire employé s’est considérablement appauvri. A la manière d’un Donald Trump, champion toutes catégories de l’obscénité, passé d’outsider à président des États-Unis sans changer de registre. Les réseaux sociaux, où la réaction instantanée a remplacé la pensée structurée, ont profondément modifié le fonctionnement traditionnel de l’insulte. Normalement, elle est adressée en face à face, on peut riposter. Sur ces plates-formes, on ne sait pas qui envoie et on ne peut plus se défendre. Nul besoin d’avoir des millions de followers pour être victime de l’effet de horde. C’est l’effet pare-feu de l’écran, qui déculpabilise. Et la contagion des propos insultants est semblable au phénomène de foule décrit dès le XIXe siècle par l’anthropologue et psychologue Gustave Le Bon ; impulsive et irritable, la foule constitue une sorte d’unité mentale, où les esprits sont galvanisés par une émotion commune.

Commentaire : Il y a des insultes qui ne sont que le reflet de la réalité. Selon le témoignage de son fils, De Gaulle avait dit à son entourage : « … Les Français ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. » Mais c’était après avoir stigmatisé l’armistice au micro de la BBC. Aujourd’hui la caricature de la fermeture d’esprit se retrouve même à la tête de nombreux Etats ! Triste époque où toute argumentation raisonnée s’expose parfois à la vindicte et trop souvent à l’insulte. Nicolas Hulot a subi pendant des années une avalanche de boue médiatique, cette vague a plus récemment déferlé sur la jeune activiste Greta Thunberg. C’est si facile aujourd’hui de s’enfermer dans sa propre opinion négative, d’un simple clic on quitte la page web où on a déversé sa bile, on perd la capacité de la synthèse dans un monde complexe, l’ouverture d’esprit n’est plus de ce monde. Ce texte se veut préliminaire à toute dépose d’un commentaire sur ce blog biosphere. Méditez ce que  vous lisez, réfléchissez avant de  poster votre analyse, ouvrez votre esprit et celui des autres lecteurs. A vous de rester dans la thématique de l’article de départ, de compléter les points de vue, de ne pas faire de hors sujet et de respecter tous les autres intervenants sur ce blog. Nous croyons encore à la possibilité de cristalliser un moment d’intelligence collective où la controverse peut fleurir sans avoir besoin d’insulter.

Lire, Les commentateurs et la modération sur lemonde.fr

Lire, Aux commentateurs de ce blog biosphere

l’essentiel du mois d’Avril 2022

« Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent. » (Coluche)

2027, une présidentielle sans Macron, ouf ?

Programme écolo pour le quinquennat 2027-2032

Le premier ministre, en charge de l’écologie

Ministère de l’Économie biophysique et des Flux financiers

Ministère de l’Énergie durable en adéquation avec les besoins

Ministère de l’équilibre entre population et alimentation

Ministère du travail et du temps partagé

Ministère de la Protection des populations

Ministère de la Relocalisation et de la Mobilité

Ministère des Techniques douces et appropriées

Ministère de l’Espérance de vie en bonne santé

Ministère de la Sobriété partagée et de la Lutte contre les inégalités

– Ministère de la Jeunesse et des Générations futures

– Ministère de la Nature et de la Biodiversité

– Ministère de la Subsidiarité entre territoires

1. Manifeste écolo pour le quinquennat 2027

2. Manifeste écolo pour le quinquennat 2027

3. Manifeste écolo pour le quinquennat 2027

élection 2027, enfin un président écolo !

Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie)

Yves Cochet, préface de ce livre collectif de 2014

Didier Barthès, un associatif malthusien

Alain GRAS, universitaire et décroissanciste

Théophile de Giraud, antinataliste engagé

Alain HERVÉ, un malthusien historique

Corinne Maier, féministe et malthusienne

Pablo Servigne, malthusien collapsologue

la question démographique

Croissance incontrôlée, cancer de la société

Les Nations Unies deviennent malthusiennes

Newsletter de Démographie Responsable

la question écologique

22 avril 2022, Journée de la Terre

Les écolos, choyés par Emmanuel Macron ?

la question politique

Le vote utile en 2022, toujours perdant

Que votent (ou non) les écolos le 24 avril ?

vote du 24 avril 2022, le choix du moins pire

Présidentielle, le petit duel Macron/ Marine

Lendemains d’une présidentielle pas écolo

la question sociétale

Ce dont les médias ne parlent pas n’existe pas

Pornographie, une sexualité trop simplifiée ?

Maïa Mazuarette : Aucune pratique culturelle ne devient un fait social par hasard. C’est un paradoxe de la sexualité contemporaine : le X, personne n’aime ça, mais tout le monde en consomme. Comment expliquer le succès planétaire, écrasant, d’une production répétitive et médiocre ? Les gens ne sont ni fous, ni stupides, ni masochistes. S’ils regardent, c’est qu’il y a une raison. Et même plusieurs raisons. Du côté des hommes hétérosexuels, la satisfaction de désirs masculins. Les règles de la séduction « dans le réel » paraissent impénétrables. La profusion des possibles en vidéo fonctionne comme une compensation du réel. Le film pornographique abolit la lenteur-relation, la négociation de la cour, en devenant un simple rapport sexuel. La pornographie est incroyablement accessible, une manière de pacifier les frustrations du quotidien. Et du côté des consommatrices, alors ? La réciprocité ? Hors sujet ! Bien sûr, une meilleure éducation sexuelle permettrait de mettre en pratique une sexualité exubérante – plutôt que de la regarder défiler sur son écran. Pour faire reculer le X, il faut proposer une utopie sexuelle concrète – en proposant un soulagement érotique plus efficace et plus généreux.

Marius Albufera : C’ est le discours social sur la sexualité qui rend la pornographie honteuse : le décalage est de plus en plus grand entre ce qui se passe dans les esprits et la façon dont on voudrait que la sexualité soit. Plus personne ne peut dire ouvertement qu’ il a envie de sexe, tout simplement. Le scandale du porno, c’ est le scandale sexuel: désirer agir avec son corps en dehors des normes sociales de retenu prescrites ailleurs et publiquement. On rêve d’ une société de cour…

John Morlar : Ce qui a beaucoup évolué depuis 30 ans dans ce domaine, c’est la violence qui s’est installée. Du temps de mon adolescence Canal +, je me souviens de films plutôt bon enfant. Les acteurs faisaient semblant de se séduire, de faire l’amour et d’y prendre du plaisir, dans des situations somme toute assez classiques. Ayant eu l’occasion de voir l’extrait d’une récente vidéo, j’ai eu l’impression d’assister à une scène de viol. Tout est dans la domination, les pratiques extrêmes et la violence. Le côté bon enfant avait complètement disparu. Les acteurs, patibulaires, semblaient échappés du bagne, les filles hystériques, tatouées des pieds à la tête, subissaient toutes les humiliations possibles. Assez cauchemardesque je dois dire. Effectivement si les enfants voient ça, en terme d’éducation sentimentale !

HdA : Et Maïa de souhaiter « une séduction masculine mieux travaillée ». Un diplôme universitaire sur les méthodes de séduction sera requis pour tout mâle postulant. Et la femme devra prouver qu’elle ne fait aucun effort à part appuyer sur le bouton « #metoo » au bon moment.

Arto : Compliqué, la séduction à notre époque. La dernière fois je suis allé au ciné avec une collègue. Elle arrive avec une jupe courte. J’hésite dans le noir à tenter une approche en lui posant ma main sur la cuisse. Et puis je me suis dit qu’elle pourrait m’accuser de harcèlement sexuel. J’ai donc laissé tomber et me suis fait une branlette une fois à la maison. C’est plus prudent.

Philou @ Arto : Oui enfin vous pourriez aussi lui parler. Bref utiliser pour communiquer ce machin où vous enfournez de la nourriture trois fois par jours.

le sceptique : Le marché de la sexualité est renouvelable, sobre en matière première et en carbone (si les serveurs du X sont alimentés par des énergies vertes), peu polluant. La consommation de pornographie pourrait marquer le pas si l’on favorisait l’économie en circuit-court, en encouragent la prostitution réglementée de proximité bien plus charnelles que les écrans 5G. Air B&B pourrait aussi songer à une déclinaison où le sens des « B » serait un peu changé.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 février 2019, Nature de la sexualité et droit à la sexualité

extraits : Les bonobos ne s’embarrassent pas de lois contraignantes, mâles et femelles aiment faire l’amour, point final.

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

extraits : Tout le monde gagnerait à une réelle égalité dans l’érotisme. Le jour où les femmes se sentiront parfaitement autorisées à exprimer leur désir, où l’entreprise de la séduction sera réellement partagée, elles ne seront plus des proies et ne se percevront plus comme telles. Encore faut-il qu’elles aient la possibilité de devenir aussi entreprenantes que les hommes, aussi actives.

JK Rowling nie l’identité de genre

Une controverse relayée par LE MONDE nous permet de mieux différencier nature et culture. Comme l’exprime le mensuel La Décroissance, « Plus l’homme s’érige en maître et en finalité de tout, plus le monde devient inhumain et idiot ».

Joanne K. Rowling : « If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)

Olivia Chaumont, née Olivier et militant(e) de la cause trans,  commente dans un tribune du MONDE:

« Rowling nous dit que les trans ne peuvent pas effacer leur sexe biologique et, par conséquent, se revendiquer femmes ou hommes. C’est méconnaître qu’il y a trois déterminants de l’identité d’une personne : le sexe biologique, le sexe social et le genre. Le premier se définit par les marqueurs génétiques et chromosomiques (mâles ou femelles), le deuxième par la reconnaissance sociale (homme ou femme), et le troisième par un concept culturel (masculin et féminin). L’identité de genre, où s’insère la notion de sexe social, s’oppose totalement au déterminisme ancestral qui veut que les critères « naturels » du sexe définissent le genre. Le genre ne se tient pas entre les jambes mais entre les oreilles !« 

Orion sur lemonde.fr : Tiens, voilà un nouveau procès en sorcellerie fait à JK Rowling ! N’en déplaise à l’auteur(e) de ce commentaire douteux, JK Rowling privilégie à raison la biologie à l’idéologie. Forcément cela déplaît à certaines personnes qui voudraient que l’inverse s’impose, le tout sur fond de victimisation permanente de cette minorité. Fatigant…

Lizandre : Olivia Chaumont passe à côté du sujet. Dans son tweet ironique, JK Rowling tournait gentiment en ridicule le remplacement de « femme » par « personne qui menstrue ». Alors c’est vrai que dire « femme » exclue l’infime % de personnes qui menstruent et qui pourtant s’identifient comme « homme » ou « masculin ».

alain sager : Il y a quand même une question soulevée ici, et qui n’est pourtant pas formulée. Au fond, quelqu’un peut se sentir, au cours d’une même journée, homme ou femme, si toutefois la distinction a totalement un sens. Dans son for intérieur, par l’imagination ou le rêve, l »individu peut vagabonder au gré des appartenances. Alors, pourquoi choisir l’extériorité, au prix de transformations physiques ostentatoires ? N’est-ce pas parce qu’à notre époque, le visible prime sur l’invisible, le superficiel sur le profond, le physique sur le spirituel ? La question me paraît dépasser le simple point de vue du nécessaire libre choix individuel, et de l’indispensable tolérance à l’égard des mœurs de chacun.

RV75 : Chacun ou chacune peut se prétendre ce qu’il ou elle veut en matière de genre cela ne me dérange absolument pas. Cependant l’homme qui se veut femme ne le sera jamais, elle n’est que l’idée qu’elle se fait d’un homme.

Alexandre Faulx-Briole : Le fait que la personne (substantif féminin qui désigne un être humain sans préciser s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle) qui a écrit cette tribune se présente comme « militante de la cause trans » laisse planer un doute sérieux sur l’objectivité de ses propos. Pour moi, et dussé-je avoir à supporter les sarcasmes de certains, les êtres humains naissent homme ou femme (mâle ou femelle), et pas les deux à la fois ; que les progrès de la médecine et de la chirurgie permettent à certains de gommer ou de développer des organes que la nature et la naissance ne leur ont pas attribués ne change rien.

Chardon Marie : Olivia, encore une victime du virtuel. Il y a une réalité biologique qu’on appelle le sexe et une réalité psychologique qu’on appelle le genre. Point. On n’est pas une « cis » femme ou un « cis » homme. On naît homme ou femme, à part quelques personnes androgynes. Plus tard, on se construit une identité, en fonction de la société où l’on évolue. On connaît l’anatomie du clitoris seulement depuis les années 1980, on ne sait toujours pas guérir l’endométriose, on meurt toujours en couches, et il faut en plus se taper les aigreurs d’une poignée de trans en mal de célébrité ! Non, il ne suffit pas de dire « je suis une licorne et je pète des arc-en-ciel » pour devenir une licorne.

A2lbd : Il est fascinant de voir combien les avocats de cette théorie du genre deviennent rapidement d’implacables procureurs dès qu’ils sont contredits. Cela prouve combien leurs bases théoriques sont fragiles et combien le débat qu’ils apportent sur la place publique ne provient pas d’une démarche scientifique mais bel et bien d’une question de foi. Une de plus….

Albert Parsons : Personnellement je me sens l’âme et le corps d’un homme de 30 ans, mais ce n’est pas ce que dit ma carte d’identité. Cette discrimination systémique d’Etat m’est insupportable, j’exige qu’on rectifie mon âge qui ne correspond pas à mon sentiment profond. C’est mon droit. Toute assignation à une identité fixe est nulle et non avenue. Je ne reconnais que le marché comme lieu libre d’épanouissement.

le sceptique : Artificialiste, je suis ouvert à tous les jeux possibles avec « la nature », notamment les changements de sexe biologique. Mais dans l’ordre public (que je souhaite minimal), relevant forcément de la loi du nombre (voilà pourquoi il faut que ce soit minimal, le nombre est horrible!), je ne souhaite pas réécrire des codes au gré de chaque minorité qui voudrait y inscrire une reconnaissance par tous. Construisez votre vie dans les espaces privés, les réseaux privés, les affinités privées : un multivers libre. Que le domaine public soit seulement un distributeur de fric et de coups de bâton pour les primates qui agressent encore leur voisin.

Grabotte : L’insistance des hommes trans à vouloir utiliser les toilettes féminines ou concourir dans les championnats sportifs féminins revient à nier l’existence des femmes en tant que catégorie sociale (en cours d’émancipation). C’est une intrusion du masculin dans le féminin. JK Rowling dénonce cela et je suis parfaitement d’accord avec elle. Mais libre aux individus de se mutiler et se mettre les prothèses qu’ils veulent pour ressembler à l’autre sexe. Ils ne transitionnent pas vers l’autre sexe, ils s’inventent un no man’s land.

Mètre des phynances : de toutes façons, il est techniquement impossible de changer de sexe, il est déterminé à l’instant de votre conception, selon que le spermatozoïde fécondant est X ou Y. Après, il est toujours possible de modifier artificiellement l’apparence physique (au prix d’opération parfois mutilantes) et les caractères sexuels SECONDAIRES (au prix d’un traitement hormonal non dénué de risques et d’effets secondaires) mais à moins de changer l’ADN de la totalité de nos cellules, un individu de sexe masculin (génétiquement s’entend) restera un individu de sexe masculin, et inversement. A-t-on le droit de rappeler des évidences scientifiques sans risquer un procès et/ou un lynchage sur les rézosocios ?

Furusato : J’ai de l’empathie pour l’humanité qui est foutrement tordue. Moi-même je suis un rien tordu, mais les chouineur(se)s divers que la génétique a foutu dans l’embarras jusqu’au niveau du cerveau feraient bien de se calmer.

On ne naît pas lesbienne, on le devient

Nous sommes assignés par notre naissance à un sexe déterminé, sauf erreur programmatique de nos gènes X/Y. Mais notre identification à un sexe déterminé est une autre histoire, complexe. Un interview de Muriel Robin par LE MONDE* nous donne quelques indications sur le formatage culturel que nous subissons dans notre enfance, ce qui s’appelle socialisation primaire.

Dans votre famille, c’était, dites-vous, « pas de bisous, pas de câlins ». Comment le viviez-vous ?

On ne se touchait pas. Ce n’était pas dur parce que c’était comme ça. Ma mère disait à mes deux sœurs et moi : « On ne va pas se lécher la gueule le soir pour se relécher la gueule le matin. On a autre chose à foutre. » Chez ma meilleure amie, Dominique, j’ai découvert que cela pouvait être autrement. Avec sa maman, Simone, elles se mettaient dans le salon pour regarder la télé et moi je m’asseyais au pied du fauteuil en me disant : « Elle va peut-être me toucher, me caresser les cheveux. » Je me pâmais ! J’allais là-bas davantage pour la petite papouille de Simone que pour voir ma copine ! J’y ai appris une autre langue, celle de l’affection, de la tendresse. (ndlr : quand les papouilles de la maman font défaut, on les attend d’une autre femme)

Et votre père, qui aurait rêvé que vous, la cadette de la famille, soyez un garçon, vous apprenait le bricolage…

J’étais une fille contrariée. Mon père – phagocyté par le charisme de ma mère – n’était pas un père, mais un pote. Il était timide, parlait peu, était incapable de téléphoner ou d’écrire à quelqu’un. Ça matchait bien entre nous quand j’étais en garçon, qu’il m’apprenait à changer un moteur de voiture. Et pour ma mère, cela palliait ce qui manquait à mon père. Résultat : ils appuyaient tous les deux, sans le savoir, sur le garçon qui était en moi, et dont je me suis défaite il n’y a pas si longtemps que ça. Et encore, il y a de beaux restes ! (ndlr, quand le couple parental dysfonctionne, difficile pour la fille de vivre le complexe d’Oedipe en tant que fille)

Cela signifie quoi, « avoir un garçon à l’intérieur de soi » ?

Cela signifie qu’à l’âge des premiers flirts, avec un homme, il faut être pote. Il n’y a jamais la séduction, la fragilité. On est d’égal à égal. S’il fait des trucs de garçon, je le fais avec lui comme je le fais avec mon père. Donc ça complique un peu les rapports amoureux et la féminité. (NDLR, cela conforme que le fait d’être élevé comme garçon plutôt que comme fille rend difficile le rapport à l’autre sexe)

Pourquoi avoir accepté cette carte blanche pour « Les Monologues du vagin » ?

J’avais déjà failli les jouer mais comme je n’étais pas très bien avec mon homosexualité, je n’imaginais pas avoir des affiches dans Paris avec mon nom et le mot « vagin ». Je redoutais qu’en promo on me demande : « Alors vous, Muriel, en tant qu’homosexuelle, pourquoi Les Monologues du vagin ? » Déjà quand j’entendais le mot « homosexualité » je devenais toute rouge, tellement j’étais mal à l’aise. J’avais l’impression que le mot clignotait sur moi, je le vivais mal. Maintenant c’est fini, mais ça ne fait pas si longtemps que cela. Je suis tranquille : je ne suis pas homo, je suis moi. Je n’ai pas à me justifier de ma vie, d’avoir été avec un homme avant d’être avec Anne. Je dois être bisexuelle, c’est pour cela que je n’ai jamais fait de coming out. C’est ma normalité.

Conclusion : homosexualité ou bisexualité, il n’y pas à critiquer, la destinée de chacun échappe souvent à notre libre arbitre. Chacun fait ce qu’il veut du moment que cela ne nuit pas au long terme, c’est là un des grands principes de l’écologie. Une critique cependant, l’artiste Muriel est aussi un porte-parole. Mais elle n’a pas l’air d’être concerné par la question écologique ! Si elle a été sur la terre des jaguars ou sur la piste des bonobos, c’est seulement sur invitation. On ne naît pas écolo, on le devient, comme l’indique le livre de Michel Sourrouille.

pour en savoir plus, notre article antérieur :

Sexe et enfant, l’homosexualité en lutte contre la nature

* LE MONDE du 4-8 mars 2018, Muriel Robin : « Je ne suis pas homo, je suis moi »

Mon père, transgenre, devenu ma mère

Deux manchots (animal que Xavier Gorce utilise pour croquer l’actualité par le dessin) en pleine discussion. Le plus petit des deux demande à l’autre : « Si j’ai été abusée par le beau-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? »

Pour ce texte, Xavier a été censuré par LE MONDE, voici son analyse-réponse : « En lisant posément le texte du dessin, on comprend qu’à aucun moment il ne moque les victimes d’actes incestueux ni ne fait porter une quelconque responsabilité sur les personne en translation de genre. Quel est donc l’argument du MONDE pour s’excuser de la publication de mon dessin : « Ce dessin peut être lu en des termes déplacés… Des lecteurs ont pu être choqués… ». Nous ne sommes plus sur le terrain de la juste compréhension d’un dessin, mais sur celui d’un ressenti. Ainsi un journal « de référence » se réfère, lui-même, à la subjectivité de certains de ses lecteurs les moins bien « comprenants » ou à leur sensibilité… Or l’humour dans un dessin permet de s’écarter de l’indignation première. Il ne s’agit pas de tuer l’émotion, mais de la tenir à distance pour qu’elle ne vienne pas fausser la réflexion. L’humour est une démarche de raison qui réclame de l’intelligence et un peu de culture pour être compris. L’ironie d’un dessin peut heurter ou choquer des sensibilités et des croyances. Apprendre à accepter d’être « choqué », c’est apprendre à accepter la critique de ses idées. C’est le fondement de toute société de liberté d’expression et de débat. Mais pour les activistes de la victimisation, il ne s’agit pas de débatte du fond du dessin, il s’agit de s’en servir comme d’un chiffon rouge. On joue l’indignation morale pour discréditer l’adversaire et provoquer l’adhésion du public. Le cas de mon dessin censuré s’inscrit dans une longue série préoccupante, blocage de conférences dans les universités, empêchement de présentations théâtrales, pression sur les éditeurs pour bloquer une publication. Il y a perte du langage commun au profit d’un communautarisme identitaire, tribal, essentialiste. On se définit comme un groupe victime des autres. C’est la meilleure façon, en cette épique compassionnelle, de sacraliser sa cause. La raison s’endort avec la perte de distance et le sommeil de la raison produit des monstres ! » (raison et déraison, tracts Gallimard n° 28, mai 2021)

Xavier Gorce accuse (sans jamais les nommer) les LGBT qui, organisé en groupe de pression, se drapent du statut de victime d’homophobie pour éliminer toute critique. D’un point de vue écologique, centré sur les lois de la nature et le sens des limites, notre blog biosphere décortique la question du « genre » dans des articles antérieurs :

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

8 juillet 2019, Mouvement trans, négation de l’altérité

5 juillet 2019, Intersexualité, à opérer ou à conserver ?

16 décembre 2016, Le sexe/genre relève-t-il de la nature ou de la culture ?

17 septembre 2013, Le genre et le sexe, des différences aux inégalités

à lire, quelques conseils des JNE

Nos batailles pour l’environnement – 50 procès, 50 ans de combats par Corinne Lepage et Christian Huglo >> lire
Le monde soyeux des araignées par Christine Rollard >> lire
Autobiographie d’un poulpe par Vinciane Despret >> lire
J’ai écouté les Alpes par Nicolas Crunchant. >> lire
Histoires de Grands-ducs par Patrick Balluet,>> lire
Guide du naturaliste Causses et Cévennes >> lire
Cueilleur d’essences par Dominique Roques >> lire
La croissance verte contre la nature par Hélène Tordjman >> lire
Manger du Faux pour du vrai – Les scandales de la fraude alimentaire par Ingrid Kragl >> lire
La vie du sol de nos jardins par Gabriel Primetens >> lire
Les animaux parlent – sachons les écouter par Nicolas Mathevon.>> lire
Les jardins de Weleda >> lire
Rapaces nocturnes d’Europe par Marco Mastrorilli >> lire
La fabrique des pandémies par Marie-Monique Robin >> lire
Frères d’âme – Edgar Morin et Pierre Rabhi – entretien avec Denis Lafay >> lire
Et si ma fourchette pouvait sauver la planète par Marion Haas >> lire
Le cheval, c’est l’avenir par Jean-Louis Gouraud >>
lire

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